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NADÈGE RICHARD

Céramiste

Nadège Richard est céramiste à Marseille. Elle tourne et émaille à la main toutes les pièces de porcelaine des collections de Lundi Neuf. On vous la présente aujourd'hui, dans son atelier marseillais où elle a gentiment accepté de se prêter au jeu de l'interview.

Raconte nous ton parcours ...

 

Ma rencontre avec la terre a été un vrai hasard. Le bac en poche, j'ai tenté de poursuivre des études mais rien à faire, j'ai à chaque fois tout arrêté, j'étais perdue. C'est la perspective de l'apprentissage dans le sud et surtout de FAIRE qui m'a attirée vers un CAP tournage en céramique.  J'ai suivi un enseignement durant quatre ans et j'ai eu la chance, pour le 2ème apprentissage d'atterrir chez Pierre et Claude Dutertre qui m'ont fait entrevoir ce qu'est la vie de créateur et l'engagement que cela représente. Au début terrifiée à l'idée d'être entrepreneur, j'ai mis 6 ans à me décider et faire ce choix de vie. Aujourd'hui je suis très épanouie dans mon petit atelier et décidée à exercer ce métier le plus longtemps possible !

Parle nous de ton quotidien ...

 

Mon quotidien est très changeant, et c'est ce que j'aime dans ce choix de vie. Je ne sais jamais ce que je vais faire dans une semaine. En tous cas, j'aime prendre du temps le matin et je vais tranquillement à l'atelier, quitte à travailler plus tard. Bref, je suis très libre et essaie d'être suffisamment rigoureuse pour faire les choses à mon rythme et réussir à atteindre mes objectifs.

Te souviens-tu de ta plus grosse galère ?

 

Ma plus grosse galère… j'ai deux souvenirs en tête : le jour où, alors que j'étais en train d'enfourner, des amis sont arrivés à la maison. J'ai fait une pause pour boire un verre avec eux . Quand j'ai repris mon enfournement, j'étais distraite et je me suis débrouillée pour casser un étage entier de grandes boites que j'avais faites pour un très beau festival de céramique à Paris. Quel gâchis! Car bien sûr, je n'avais pas le temps de les refaire.

Ensuite, le jour où mon four ne voulait plus monter en température, bref le jour où mon four m'a lâchée. Et encore une fois, c'est arrivé juste avant un évènement important . Dans ces cas là, on ne sait plus quoi faire, on remet d'abord tout en question et on fait en sorte finalement de trouver des solutions. 

Je me rends compte avec le recul que ces situations de stress sont très courantes dans le métier de céramiste, et que d'autres m'attendent très certainement. J'apprends à dédramatiser plus rapidement maintenant ...

Quelles sont tes inspirations ?

 

Très bizarrement, je crois que ce sont des œuvres assez tristes (pour le cinéma par exemple)  qui me touchent le plus dans la création. Des lumières, des couleurs très douces et peu contrastées, le flou, les nuages, le ciel… Alors que dans la vie, je pense être assez vive, joyeuse et pour le coup très déterminée. En ce moment en tous cas, je suis très attirée par ce qui me complète et m'adoucit. 

Quel est ton plus beau souvenir ?

 

J'ai du mal à sélectionner un souvenir plus beau que les autres… Pêle-mêle : Mon premier marché à Bandol pour le printemps des potiers où je partageais le stand avec une amie pour qui c'était aussi une première, on était surexcitées et bien flippées aussi, mais quelle joie et quelle motivation ! Ensuite, le jour où j'ai défourné les toutes premières pièces faites en collaboration avec mon amie Laurie Guillerme. C'est là que je me suis décidée à me lancer  dans le métier ! Il y a aussi le jour où un grand céramiste vient sur mon stand, me dit que c'est super ce que je fais et m'achète pour 200 euro de pièces. Enfin, bien sûr, le jour de l'inauguration de mon atelier, qu'est-ce que j'étais heureuse et fière !

Ton matériau de prédilection ?

 

Ah çà c'est la question la plus facile ! La porcelaine bien sûr. Je ne m'en lasse pas, même si c'est une terre qui demande beaucoup de rigueur.

La pièce dont tu es la plus fière justement?

 

Ah, c'est difficile ! Je crois finalement que c'est ma forme de pichet. Elle est esthétique, très agréable à utiliser et à réaliser. Bref, le top du top pour une forme utilitaire. Cette forme m'est venue assez spontanément alors que j'étais stagiaire et je ne cesse depuis de l'améliorer et de la décliner.

Quel est ton objet favori ?

 

Je pense à un outil qui me manque terriblement pour travailler sur le tour si je ne l'ai pas. Cela s'appelle une estèque.  C'est un outil qui sert à terminer les formes tournées. La mienne m'a été donnée par Pierre Dutertre, mon maître d'apprentissage qui l'a faite lui même. Elle est juste parfaite.

Que fais-tu une fois l'atelier fermé ?

 

Mon boulot fait partie de mes passions, mais j'ai besoin de diversité dans la vie. Je m'entoure souvent de gens qui ne font pas les mêmes choses que moi, je fais de l'escalade, je m'implique dans une association qui a pour but l'accession à l'autonomie par le langage (cours de français et d'alphabétisation pour des primo-arrivants), et surtout je passe du temps avec mes amis (on se fait souvent de bonnes bouffes). Et bien sûr, je regarde des séries, je lis, j'essaie d'aller au cinéma, de voir des expos, bref tout est bon à prendre et à voir.

Pour finir, dis nous tout de tes projets à venir...

 

Mes projets… dans l'immédiat, professionnellement, mener à bien cette nouvelle collaboration avec Lundi Neuf tout en créant de nouvelles pièces pour ce bel événement auquel j'ai été invitée à participer début juillet, les journées de la céramique sur la place Saint-Sulpice à Paris.  Plus tard et dans la vie, peut-être vivre la parentalité et continuer de m'épanouir dans ce métier. 

Tout simplement...

Retrouvez Nadège Richard par ici 

C'est quoi pour toi la vie à Marseille ?

 

Marseille est une ville folle, dans le bon sens et dans le mauvais. Mais ma vie à Marseille, c'est avoir tout à côté, ne pas utiliser la voiture, être proche de tous mes amis, prendre tout ce qu'il y a de chouette dans cette ville, la diversité, la mixité, la liberté et essayer d'améliorer tout ce qui me révolte.

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