Frédéric Deschamps est sellier-maroquinier, il vit et travaille à Mimet dans les Bouches du Rhône et a accepté de donner vie à nos dessins pour l'étui de pétanque Bonnieux. Il nous a beaucoup écoutées, conseillées et nous, nous l'avons questionné (et enregistré) .Malgré la difficulté de faire transparaître à l'écrit toute la gentillesse et l'humour de ce monsieur, voici ce que l'on peut retenir de son parcours et de ses projets les plus fous.

Parlez nous de vous, comment êtes-vous arrivé là ?
J'ai eu la chance de faire l'école de l'Abbé Grégoire à Paris, je suis sorti premier de ma promotion. Et au lieu d'aller bosser pour Hermès, je me suis installé à mon compte, en Normandie pendant quatre ans. Après je suis venu m'installer ici (à Mimet ndlr) par le biais des émissions de France Inter, Contact. C'était des émissions super intéressantes, un peu culturelles, et il y avait une rubrique avec deux filles qui s'occupaient de mettre en contact des municipalités et des artisans. Donc des municipalités comme Mimet, qui souffraient un peu de l'exode rural et qui cherchaient des artisans d'art. J'ai fait partie de ceux là. Ma première fille avait 1 an. Le bouche à oreille fonctionnait très très bien, puis j'ai fait beaucoup de salons de métiers d'art à l'époque, à Grenoble, à Toulouse, Paris, même à Ouagadougou. Je travaillais aussi pour Oxbow à qui je faisais des découpes un peu complexes de textile, c'est aussi pour çà que j'ai quitté la Normandie.
Quel est votre quotidien ?
Y a t il une part de routine dans le métier d'artisan ?
Pas vraiment... moi je suis quelqu'un d'absolument pas patient, ça va faire 35 ans que je fais ce boulot là pratiquement, et je ne me suis jamais ennuyé. Et puis c'est tellement bien d'être peinard. Non mais c'est vrai que je m'éclate parce qu’à chaque fois il y a des problématiques différentes, j'ai l'impression de progresser tout le temps, d'apprendre des trucs. Et parfois j'en ai un peu marre aussi ...bon.. Mais c'est une sorte de prison la liberté, pour l'acquérir il faut faire des concessions...
Y-a-t-il eu des moments difficiles ?
Oui! On a mangé des patates aussi... Au début mon épouse s'occupait des filles et travaillait avec moi. Ce n'était pas facile d'avoir tout le poids sur les épaules. Mais voilà, c'est quand même sympa de travailler beaucoup mais pour soi.

De quelle réalisation êtes-vous le plus fier ?
À la foire de Paris, pour un concours, le thème était le Fantastique, et j'avais fait un sac à mains... C'était un sac gigantesque rempli de mains, comme une soucoupe volante venue sur la terre pour l'envahir (rires). J'avais fait bosser plein de gens du village, et le pharmacien était très content parce que les mains étaient faites en plâtre. C'était rigolo... Après je me suis rendu compte que c'était le plus grand sac du monde et on a fait venir le Guiness book, mais c'était une bêtise, je n'aurais jamais fais un sac pour apparaître dans ce bouquin !
Non mais ce dont je suis le plus fier c'est un écrin de montre pour l'horloger Richard Mille. Là ça a vraiment été une usine à gaz. Ils étaient très exigeants. Je l'ai mis au point avec Marc Alfieri. Mais après je suis content avec tous les gens qui viennent à mon atelier, il n'y a pas de petits ou de grands... Quand même une fois on m'a demandé de réaliser une série de mallettes pour optimiser le coffre d'une Ferrari, elles devaient rentrer pile poil, ça a été une bonne prise de tête !
Quel est votre objet favori ?
Ma paire de lunettes ! C'est con hein ? Mais bon je ne suis pas attaché spécialement aux objets. Par contre je suis content d'en faire, des petits sacs où les gens vont mettre leurs petits trucs. Ça c'est rigolo. D'avoir le sentiment de partager un peu le quotidien des gens. Nous les artisans d'art, notre mission est de mettre un peu d'art dans le quotidien, en toute humilité, c'est tout, et c'est déjà bien...
Des projets ?
Depuis le début de l'année j'ai énormément travaillé pour des professionnels. Les décorations de boutiques Eden Park avec des accessoires qui devraient être mis en place bientôt.


